Edtech : « Sur le supérieur, les entreprises se heurtent à un plafond de verre »
Élu en octobre 2024, le nouveau bureau de l’association EdTech France a défini une feuille de route pour les années 2025 et 2026. Elle comprend deux axes principaux : démontrer l’utilité des solutions edtechs et soutenir les entreprises adhérentes, ainsi que des actions spécifiques pour le marché de l’enseignement supérieur.

Les priorités de l’association pour le marché de l’ESR
Si l’appel à manifestation d’intérêt sur les démonstrateurs numériques pour l’enseignement supérieur (Demoes) a créé « un effet d’aubaine », la déléguée générale d’EdTech France, Orianne Ledroit constate néanmoins que « les entreprises sur le supérieur se heurtent à un plafond de verre ».
Après la mobilisation pour le Sommet international sur l’IA accueilli à Paris les 10 et 11 février, l’association veut transformer l’essai avec l’alliance portée par la start-up française Mistral AI et 15 établissements du supérieur. De premiers dispositifs devraient être déployés dans les prochains mois.
« Mistral AI peut être un bon appui pour les universités, les étudiants et leurs personnels et pour le déploiement de solutions edtechs utiles à ces établissements. Nous souhaitons répondre à des besoins très concrets comme l’accompagnement des étudiants à besoins spécifiques, l’accès des enseignants à des outils robustes et utiles pour leurs cours », illustre Orianne Ledroit, dans une interview à News Tank (abonnés).
Un espace d’échanges avec les établissements
Concernant les relations avec les établissements de l’ESR, EdTech France essaie de systématiser les partenariats avec les écoles et universités et a pour ambition de développer le dialogue avec ces acteurs.

L’association a lancé en 2024 un « club des universités » porté par deux de ses vice-présidents Jean-Marie Cognet (Ubicast) et Nadia Jacoby (Simone et les robots).
« Cet espace de discussion permet aux universités de discuter entre elles des différents dispositifs pédagogiques et de mieux comprendre la filière. C’est aussi utile pour les entreprises edtechs afin qu’elles construisent des logiciels toujours plus cohérents avec les besoins des universités », souligne la déléguée générale d’EdTech France.
Démontrer l’impact des solutions edtechs
Pour l’ensemble de l’écosystème (scolaire, ESR, formation professionnelle, corporate), la feuille de route de l’association s’articule autour de deux principaux axes : démontrer l’utilité des solutions edtechs et soutenir les entreprises adhérentes.
« Démontrer l’utilité des solutions edtechs est le meilleur moyen de créer de la confiance et d’atteindre notre ambition : mettre le meilleur de la tech dans les mains des élèves, étudiants et apprenants de tout âge », assure la déléguée générale d’EdTech France.

Pour cela, l’association veut s’appuyer sur les études d’impact disponibles, notamment celles menées dans le cadre de projets financés par France 2030 (partenariat d’innovation intelligence artificielle, Territoires numériques éducatifs, Demoes…). Elle souhaite aussi évaluer le nombre d’étudiants qui vivent une expérience universitaire meilleure grâce aux outils edtechs.
« Nous proposons aussi à nos adhérents des mises en relation avec des laboratoires capables de produire des études d’impact. Chez Plume, nous travaillons avec le CNRS sur des mesures d’impact homologuées par l’État, Lalilo travaille avec le programme IDEE (innovations, données et expérimentations en éducation) de Sciences Po », complète Aude Guéneau, présidente d’EdTech France depuis octobre 2024.
Des programmes apprenants pour les entreprises
Le soutien aux adhérents se matérialise par des programmes apprenants. Objectifs : favoriser le partage d’expérience et faire gagner du temps aux entrepreneurs.
Ces programmes « portent sur des questions comme : comment financer sa start-up ? Quels sont les modèles économiques possibles ? Nous voulons outiller nos adhérents avec des programmes qui appuient le développement des entreprises », précise Orianne Ledroit.
EdTech France soutient également l’initiative portée par France Digitale et la mission French Tech pour faciliter l’accès des entreprises de la tech à la commande publique. OpenClassrooms a lancé à cet effet en février 2025 un programme intitulé « Je choisis la French Tech Académie » pour former les start-up à accéder aux marchés publics.
Le bureau de l’association
Outre Aude Guéneau à la présidence, le bureau d’EdTech France est composé de :
• Déborah Elalouf (Tralalère), secrétaire ;
• Anaïs Prétot (LiveMentor), trésorière et VP impact et emploi ;
• Nadia Jacoby (Simone et les robots), VP relations institutionnelles ;
• Jean-Marie Cognet (Ubicast), VP enseignement supérieur ;
• Pascal Julie (Lalilo), VP en charge du scolaire ;
• Mélanie Viénot (Groupe Voltaire), VP des cadres d’achat et de coopération ;
• Clément Meslin (Edflex), VP en charge du corporate L & D ;
• et Nicolas Montetagaud (Oktogone) VP formation professionnelle.
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